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La psyché formate notre cerveau, Freud l'avait prédit

Philippe CATTIEZ

20270416 06 Philippe CATTIEZ BSP EBP HEADERS 2026 27

La psyché formate notre cerveau, Freud l'avait prédit ...

Qu’est-ce qu’est la Psyché ? C’est le souffle, l’esprit, et finalement la pensée.

Or lorsque l’on pense, on se parle à soi-même, la pensée est un langage.

L’Homo sapiens est plongé dans la sémiosphère : l’être humain est un être de langage, de logos. Selon la célèbre citation de Lacan, l'homme est un parlêtre, défini par le langage.

Selon Freud (Zur Auffassung der Aphasien), le matériel linguistique n’est pas traité de manière sémantique, mais traité comme un objet, dans sa forme phonémique indépendante de la sémantique. Les mots (Wortvorstellung) sont des objets (Objecktvorstellung) qui s’associent.

Dans le cerveau, on retrouve des cristaux synaptiques, formés de quelques neurones, qui constituent ces phonèmes. Ces cristaux s’associent pour former des mots, puis des phrases. Ces associations sont régies par la syntaxe, étymologiquement, une mise en ordre. À noter en clinique que les cérébraux-lésés choppent dans les mots, et même dans les phonèmes.

La phonologie des mots acquiert pour chaque individu une activation émotionnelle particulière. Les trajectoires sous-corticales affectives, avec traitement d’information rapide, se désambiguïsent (Des fantômes dans la voix - Ariane Bazan) au niveau néocortical en fonction des contextes, et histoires singulières pour chaque individu, et aussi leur culture.

Les phonèmes et graphèmes constituent des neuronal assemblies, qui forment des mots, et les mots formés constituent des building blocks, qui s’associent en phrases, en discours pour soi-même ou autrui, finalement une pensée selon le personne qui l’énonce. On observe ici l’équivalent du passage, en psychanalyse, des processus primaires aux processus secondaires.

Le soir, on déconstruit la syntaxe, toutes les associations, et on range tous les objets, comme des pièces d’un puzzle, dans la boîte. On le sait, durant les rêves, les processus primaires ainsi dissociés prennent le dessus sur les processus secondaires. Ce que l’on retrouve en neurophysiologie, car lorsque l’on dort, les neuromodulateurs qui assemblent les cristaux synaptiques sont désactivés. Dès lors, ces cristaux synaptiques redeviennent dissociés et circulent librement durant le sommeil paradoxal, moment qui constitue le rythme ultradien archaïque et automatique, fondamental et vital.

Grâce à la plasticité cérébrale humaine, l’homme – néoténique - est génétiquement programmé pour ne pas être génétiquement déterminé (François Ansermet).

Contrairement à ce que l’on pensait durant la première décade des années 2000, ce n’est pas la neurophysiologie qui pourra un jour valider la psychanalyse. Car à présent, par un dialogue constructif, ce sont les psychanalystes qui pourront montrer les chemins à suivre pour les neurophysiologistes éclairés afin de mener au mieux leurs recherches.

L’hypothèse est que le langage formate le cerveau de l’homme.

 

 

 

 

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